Ryggar a écrit :La première chose qu'il faut savoir est qu'un acouphène est la résultante d'un traumatisme auditif. Ça ne s’attrape pas comme une grippe.
Attention parce que ça, justement, ça n'est pas vrai du tout. La plupart des acouphènes proviennent de traumatismes auditifs plus ou moins graves, mais beaucoup sont aussi provoqué par des infections graves et par certaines maladies qui, même une fois guéries, peuvent laisser une saloperie de sifflement ou bourdonnement en souvenir. On peut aussi trouver des problèmes dentaires à l'origine de ces troubles. Et certains cas, comme le mien, restent aussi totalement inexpliqués.
Je souffre personnellement d'acouphènes depuis 4 ans et demi. Je suis également hyperacousique. Mon affection n'est pas très sérieuse par rapport à d'autres : j'entends en permanence une sorte de son aigu, instable et distant (un peu quand vous allumez un vieil écran de télé cathodique) agaçant mais pas insoutenable. Sauf quand son intensité est variable, à forte intensité, là il envahit tout l'espace. Quand ils sont apparus, du jour au lendemain, sans explications rationnelles (j'ai dû faire un ou deux concerts sans protection seulement dans ma vie, j'en ai fait bien d'autres avec des protections), j'en ai fait une dépression. J'ai suivi un traitement médicamenteux à base de divarius, et finalement je m'en suis bien surtit. J'ai réussi à vivre avec sans problème jusque là, mais depuis maintenant pratiquement deux semaines, j'ai l'impression que mon cas s'est aggravé. Là encore sans aucune raison ! Je recommence à badtripper et je m'inquiètes sérieusement pour mon avenir de batteur.
Il faut bien garder à l'esprit que la psychologie occupe une part important dans la perception des acouphènes. On y est d'autant plus sensible qu'on a un tempérament dépressif, comme c'est mon cas. Des thérapies existent, mais il n'y a aucun traitement véritablement efficace à proprement parler. Plusieurs médicaments sont prescrits, mais ils ne sont efficaces que pour une toute petite minorité de patients. Des appareillages sont également disponibles, avec des chances de succès nettement plus élevé (environ 60%), mais ils ne concernent que les cas très sérieux (sifflement suraigu unilatéral et perte d'audition). Toutefois la science progresse et certaines expériences sur des animaux ont donné des résultats intéressants ces dernières années. Mais les chercheurs au fait de ces questions sont peu nombreux et manquent cruellement de moyens... Peut-être que d'ici 15 ans on aura enfin quelque chose capable de susciter l'espoir, mais bon nombre se sont fait une raison. Il faut apprendre à vivre avec, et plusieurs techniques existent pour ça.
Je vous assure que c'est vraiment un truc infernal, il faut donc bien se protéger, ne pas tenter le diable. En ce moment je fais vraiment pas le malin et je sens que les cachetons vont bientôt retrouver la voix de mon quotidien... La meilleure protection, c'est la prévention : protections auditives systématiques en répet ou en concert, c'est vraiment indispensable. Je n'ai que 24 ans et très franchement je vous assure que la perspective d'avoir à supporter ça toute ma vie ne m'enchante pas des masses...